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Votre médecin vous a prescrit une coloscopie suite à un dosage de calprotectine anormal. Cet examen endoscopique représente l’étape logique après un tel résultat biologique. Il permet d’explorer visuellement votre côlon pour identifier précisément la source de l’inflammation détectée par l’analyse de selles. Bien que cette perspective puisse inquiéter, comprendre le déroulement de la procédure aide à aborder sereinement ce rendez-vous médical. La coloscopie reste l’examen de référence pour diagnostiquer les maladies inflammatoires de l’intestin, les polypes ou d’autres anomalies digestives. Dans votre cas, le gastro-entérologue cherchera à confirmer ou infirmer les hypothèses diagnostiques soulevées par le taux élevé de calprotectine. L’examen dure généralement entre 20 et 40 minutes et se pratique sous sédation pour votre confort.
Comment se préparer correctement à la coloscopie ?
La réussite de l’examen dépend en grande partie de la qualité de la préparation intestinale. Trois jours avant la coloscopie, vous devrez adapter votre alimentation. Supprimez :
- les fibres,
- les légumes verts,
- les fruits à pépins,
- les céréales complètes
- et tout aliment difficile à digérer.
Privilégiez les viandes maigres, le poisson, les pâtes blanches et les laitages nature.

La veille de l’examen, vous ne consommerez que des liquides clairs : bouillons filtrés, thé, café sans lait, jus de pomme transparent, eau. Aucun aliment solide n’est autorisé. Vous recevrez une solution purgative à boire selon un protocole précis, généralement réparti en deux prises. Ce liquide nettoie complètement le côlon en provoquant des diarrhées abondantes pendant plusieurs heures. Buvez la totalité du volume prescrit, même si le goût vous semble désagréable. Certains patients ajoutent un jus de citron ou du sirop pour améliorer le goût. Restez à proximité des toilettes car les effets débutent rapidement. Une bonne préparation se traduit par des selles liquides et claires, sans résidu solide. Si ce n’est pas le cas, signalez-le au personnel médical le jour de l’examen.
Comment se déroule l’examen le jour de la coloscopie ?
Présentez-vous à jeun depuis au moins six heures. Apportez vos résultats de calprotectine, vos ordonnances en cours et votre carte vitale. L’équipe médicale vous installera sur un lit et posera une perfusion intraveineuse. L’anesthésiste vous administrera un sédatif qui vous plongera dans un sommeil léger ou profond selon le protocole choisi avec vous. Le gastro-entérologue introduit un tube souple muni d’une caméra par l’anus et remonte progressivement dans le côlon. L’injection d’air distend légèrement l’intestin pour faciliter la visualisation. Le médecin examine minutieusement la muqueuse, recherche des zones rougies, ulcérées, des polypes ou toute autre anomalie cohérente avec votre taux de calprotectine élevé.
Si nécessaire, il réalise des biopsies en prélevant de minuscules fragments de muqueuse. Ces prélèvements sont totalement indolores et permettent une analyse histologique précise en laboratoire. Les résultats des biopsies arrivent généralement sous 10 à 15 jours et apportent des informations capitales pour le diagnostic définitif et le choix thérapeutique.
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Comment récupérer et obtenir les résultats après l’examen ?
Au réveil, vous ressentirez peut-être des ballonnements dus à l’air insufflé pendant la coloscopie. Ces sensations désagréables disparaissent rapidement en marchant ou en évacuant les gaz. L’équipe soignante vous surveillera environ une heure en salle de réveil avant de vous autoriser à rentrer chez vous. Vous devez obligatoirement être accompagné car les effets de la sédation persistent quelques heures.
Ne conduisez pas, n’utilisez pas de machines dangereuses et évitez de prendre des décisions importantes dans les 24 heures suivant l’examen. Reprenez une alimentation légère progressivement : soupe, compote, pain blanc. Si des biopsies ont été effectuées, de petits saignements dans les selles peuvent survenir pendant 48 heures, c’est normal. Le gastro-entérologue vous donnera un compte-rendu immédiat avec ses premières constatations visuelles. Il expliquera ce qu’il a observé et les hypothèses diagnostiques en lien avec votre calprotectine élevée. Les résultats définitifs incluant l’analyse des biopsies nécessitent une consultation de suivi où le médecin proposera un plan de traitement adapté si une pathologie est confirmée.
Quels résultats peut révéler la coloscopie ?
Face à une calprotectine élevée, plusieurs découvertes sont possibles. Le médecin peut observer des signes de maladie de Crohn : ulcérations profondes, inflammation segmentaire, rétrécissements de la lumière intestinale. Dans la rectocolite hémorragique, la muqueuse apparaît rouge, fragile, saignante au simple contact de l’endoscope, avec des ulcérations superficielles continues. Des polypes peuvent être détectés et retirés durant l’examen même. Certains types de polypes, notamment les adénomes villeux, expliquent parfois une élévation modérée de la calprotectine. Plus rarement, le gastro-entérologue identifie une tumeur colorectale, des signes de colite ischémique ou des lésions infectieuses spécifiques.
Dans certains cas, la coloscopie révèle un côlon d’aspect normal malgré la calprotectine élevée. Cette situation oriente alors vers une atteinte de l’intestin grêle, non visible par coloscopie standard, nécessitant d’autres examens comme une entéro-IRM ou une vidéocapsule endoscopique pour explorer les portions hautes du tube digestif.
Cet article fournit des informations générales sur la coloscopie mais ne dispense pas d’un échange avec votre gastro-entérologue. Chaque situation médicale reste unique et nécessite une approche personnalisée. Si vous ressentez des douleurs abdominales intenses, des saignements importants ou toute complication après l’examen, contactez immédiatement l’équipe médicale ou rendez-vous aux urgences.

