Genre, expérience migratoire et condition minoritaire. Les trajectoires sexuelles et préventives des migrant∙e∙s d’Afrique subsaharienne vivant en France

Soutenance de thèse d’Elise Marsicano

Lundi 26 novembre 2012 à 14h

Au Centre de recherche en Epidémiologie et Santé des Populations (CESP)

Hôpital Paul Brousse, 16 Avenue Paul Vaillant-Couturier, Villejuif

Salle de conférence du CESP, Bât. Inserm 15/16

 

Le jury est composé de:

Nathalie BAJOS – Directrice de recherche à l’INSERM, directrice de thèse

Michel BOZON – Directeur de recherche à l’Ined

Marcel CALVEZ – Professeur à l’Université Rennes 2, rapporteur

Virginie de LUCA BARRUSSE – Professeure à l’Université de Picardie Jules Verne, rapporteure

Julia del AMO – Professeure, National Center of Epidemiology, Instituto de Salud Carlos III

France LERT – Directrice de recherche à l’INSERM

 

 

Résumé:


Les migrant∙e∙s d’Afrique subsaharienne sont très touchés par l’épidémie de sida en France et une part croissante des contaminations a lieu après la migration. Mobiliser une approche sociologique de la sexualité conduit à considérer leurs trajectoires et leurs réseaux sexuels afin d’étudier les processus qui structurent les pratiques sexuelles et préventives de ces migrant∙e∙s. Cette thèse s’appuie sur une analyse secondaire des données de l’enquête KABP migrants menée par l’Inpes en 2005 auprès de 1874 migrant∙e∙s d’Afrique subsaharienne, âgés de 18-49 ans et vivant en Ile-de-France. Nos résultats mettent au jour les effets différenciés du contexte de socialisation sexuelle et du contexte social du premier rapport sexuel sur l’entrée en sexualité et sur la biographie sexuelle et préventive ultérieure et ce, de manière différenciée pour les hommes et les femmes. Nous examinons également la manière dont les trajectoires migratoires ainsi que l’expérience du racisme et des discriminations, organisent leurs pratiques sexuelles et préventives au sein de réseaux sexuels spécifiques. Nos résultats révèlent l’existence de réseaux sexuels africains, au-delà de l’origine nationale, en particulier pour les femmes. Cette ségrégation intra-africaine des réseaux sexuels est influencée par les conditions de vie de ces migrant∙e∙s et éclaire la dynamique de l’épidémie au sein de ces populations dans le contexte français.